De l'établi d'horloger au tapis de cartes
Deux ans de chantier, quatre personnes en salle et une idée têtue : garder l'atelier tel quel et lui trouver un usage du soir.
Ce que nous avons trouvé en arrivant

L'atelier avait fermé dix ans plus tôt et personne n'y était entré depuis. Sous la poussière : six établis, deux tours d'horloger, un mur de tiroirs numérotés et une horloge de comptoir arrêtée à 16h20.
La famille de l'horloger nous a laissé l'outillage à condition qu'il reste visible. C'est de là que viennent les vitrines : elles ne sont pas une décoration, elles sont une clause du bail.
Le reste a suivi lentement : une cuisine de quatre mètres au fond, un comptoir de chêne, quarante couverts au maximum et pas un établi de plus.
Quatre en salle
L'équipe complète, cuisine comprise, la même depuis l'ouverture.
Quarante couverts
La capacité d'une soirée, sur un seul service.
Une horloge arrêtée
Celle du comptoir, laissée à 16h20 : elle ne repartira pas.
Trois choses sur lesquelles nous ne cédons pas
Le jeu reste un passe-temps : ni mise, ni gain, ni classement conservé d'une soirée à l'autre.
La carte ne sort pas de la région : si le producteur n'a rien, le plat disparaît de l'ardoise.
L'outillage d'atelier n'est pas à vendre et ne quitte pas ses vitrines, même contre une belle offre.